Avec le syndicat des Services Publics, SSP-VPOD, Genève

19 octobre 2011

Caisses de pension: le SSP entre en résistance. Tribune de Genève

| L’assemblée générale convoquée hier soir par le SSP
s’est engagée à durcir la mobilisation contre la fusion.|
Le Syndicat des services publics (SSP) brandit la menace depuis longtemps: il veut combattre les conditions à la fusion des deux grandes caisses de pension publiques, y compris par référendum. Mais le fruit n’est pas encore mûr. Hier soir, l’assemblée générale convoquée par le syndicat en est restée aux mesures d’organisation à prendre et, surtout, aux appels à la mobilisation du personnel de la fonction publique.


Environ 150 personnes ont assisté à l’assemblée contestant la vaste réforme des caisses de pension publiques voulue par le Conseil d’Etat. C’est évidemment trop peu pour contrer un projet que la majorité des membres du Cartel intersyndical de la fonction publique a accepté. «Nous sommes au début d’un processus, nous devons le construire en allant parler avec nos collègues», a plaidé Marco Spagnoli, coprésident du syndicat.

Il est vrai que le projet de loi qui lancera la réforme n’a pas encore été approuvé par le Grand Conseil. Il est actuellement à l’étude en Commission des finances. Rappelons qu’il est le fruit d’une longue négociation menée entre le Conseil d’Etat et les représentants du personnel.

Hier soir, seule une résolution a été acceptée à la quasi-majorité des participants. Elle demande notamment que «s’ouvre une négociation sur des bases équitables». Ce qui signifie pour le SSP une forte diminution de la part de l’effort demandé au personnel. Actuellement, entre l’augmentation des cotisations et la baisse des rentes, les fonctionnaires participeraient à hauteur de 55% aux sacrifices. L’Etat, c’est-à-dire les contribuables, assumerait les 45% restants. La résolution veut que les employés ne fournissent qu’un tiers de l’effort.

Ainsi que plusieurs orateurs l’ont reconnu, la marge de manœuvre est étroite. Le Conseil d’Etat a en effet engagé cette réforme sous diverses contraintes. D’une part la législation fédérale oblige désormais les caisses publiques à couvrir au moins 80% de leurs engagements vis-à-vis de leurs membres d’ici à 2052, et cela alors que les crises boursières ont mis à mal les finances des caisses. D’autre part, l’espérance de vie des affiliés augmente. La pérennisation de la future caisse de pension, qui comptera 62 000 affiliés, coûtera à long terme cinq à six milliards de francs.

Mais pour le SSP, le seul combat perdu d’avance est celui que l’on n’engage pas. Il estime être la seule organisation qui défende la position du personnel. Une nouvelle assemblée sera convoquée au début du mois de décembre. Entre-temps, le projet de loi aura peut-être été voté.