Le référendum contre la fusion des caisses de pension publiques a abouti. Le SSP a recueilli plus de 9000 signatures.
Article de la Tribune de Genève
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Les Genevois voteront sur les retraites des fonctionnaires du canton. Le syndicat SSP/VPOD a fait aboutir son référendum. «Nous avons recueilli 9730 signatures, soit bien plus que les 7000 requises», s’est réjoui hier Yves Mugny, secrétaire syndical, avant d’aller, avec ses collègues, les déposer au Service des votations. Le peuple tranchera le 3 mars prochain.
Le SSP est d’autant plus satisfait qu’il est parti seul au combat contre la fusion des caisses de pension publiques, une mesure adoptée en septembre par le Grand Conseil. «Nous sommes contents d’avoir réussi dans un contexte de harcèlement et d’attaques incessantes», a affirmé son président David Andenmatten.
Il faut dire que les autres syndicats de fonctionnaires et la gauche ont refusé de s’engager dans cette bataille, qualifiée par certains de «bête et dangereuse». Pourquoi? Car si la loi est refusée en votation comme l’espère le SSP, la suite pourrait être plus dommageable encore pour les fonctionnaires. Une partie de la droite estime en effet que la solution attaquée est trop généreuse. Comme le statu quo est impossible, il faudra adopter une nouvelle loi. Qui pourrait être pire encore.
«Mais le pire est déjà là, s’insurge Paolo Gilardi. Le pire aurait été de ne rien faire.» Le SSP rejette ce qu’il considère comme un «chantage scandaleux». «Nous ne croyons pas à ce scénario catastrophe, poursuit Eric Decarro. Si la loi est rejetée le 3 mars, le Grand Conseil aura dix mois pour élaborer une deuxième loi et il devra tenir compte de l’avis des référendaires.» Raison pour laquelle Pierre Vanek, de solidaritéS, en appelle à «une forte mobilisation syndicale sur le terrain».
Pour le SSP, cette fusion «est une attaque de la droite pour casser la fonction publique», dixit David Andenmatten. «L’Etat dit qu’il n’a pas les moyens de financer davantage les retraites, mais en même temps, il s’apprête à réduire de moitié la fiscalité des entreprises», dénonce Paolo Gilardi.
Le syndicat inscrit son référendum dans une lutte plus générale contre le système du deuxième pilier, basé sur la capitalisation. Un système, selon lui, qui sert trop les intérêts des spéculateurs sur les marchés financiers. Le SSP, ici soutenu par le Parti du Travail et solidaritéS, veut lancer le débat pour englober le deuxième pilier dans l’AVS et fonder ainsi entièrement les retraites sur un système de répartition. SolidaritéS prépare une initiative dans ce but, qui pourrait être lancée l’année prochaine.
Source : TDG.ch
