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| Le projet de fusion des caisses de pension publiques divise les syndicats. La tension s’accentue entre le SSP et le Cartel |
Le front syndical genevois est en proie à de fortes tensions internes, qui mettent à mal son unité. A l’origine du conflit, le projet de fusion des deux principales caisses de pension publiques du canton (LT du 10.08.2011). Accepté par le Cartel intersyndical de la fonction publique, il est rejeté par le Syndicat des services publics (SSP), qui a suspendu sa participation au Cartel et menace de lancer un référendum.
A l’heure où la situation économique se détériore, nécessitant une alliance solide des organisations de défense des travailleurs pour préserver au mieux leurs intérêts, les divergences entre les deux camps risquent fort de desservir leur cause. Le projet de fusion de la CIA – la caisse de pension de l’Etat – et de la CEH – celle des hôpitaux, est assorti d’un plan de recapitalisation qui doit permettre à la future entité d’afficher un taux de couverture de 80% en 2052, conformément aux exigences de la nouvelle loi fédérale. Au total, la facture s’élèvera à 6 milliards de francs sur 40 ans, assumés à 55% environ par les assurés et à 45% par l’Etat sur la base d’un accord passé entre le Conseil d’Etat et le Cartel intersyndical, qui rassemble des associations professionnelles de la fonction publique, le SIT et le SSP.
A l’heure où la situation économique se détériore, nécessitant une alliance solide des organisations de défense des travailleurs pour préserver au mieux leurs intérêts, les divergences entre les deux camps risquent fort de desservir leur cause. Le projet de fusion de la CIA – la caisse de pension de l’Etat – et de la CEH – celle des hôpitaux, est assorti d’un plan de recapitalisation qui doit permettre à la future entité d’afficher un taux de couverture de 80% en 2052, conformément aux exigences de la nouvelle loi fédérale. Au total, la facture s’élèvera à 6 milliards de francs sur 40 ans, assumés à 55% environ par les assurés et à 45% par l’Etat sur la base d’un accord passé entre le Conseil d’Etat et le Cartel intersyndical, qui rassemble des associations professionnelles de la fonction publique, le SIT et le SSP.
Outré par les termes de l’arrangement qu’il juge inacceptable pour le personnel – hospitalier en particulier – le SSP l’a rejeté. Il n’est pas rare que le syndicat adopte une position plus radicale que les autres organisations du Cartel: au cours de la précédente législature, il avait notamment refusé l’accord sur le licenciement facilité des fonctionnaires, et l’introduction du treizième salaire. Mais cette fois, le SSP a franchi un pas de plus: il a quitté le giron du Cartel – sa participation est suspendue – prétextant son besoin de reprendre sa liberté de parole. Et celle-ci se traduit par de rudes critiques à l’égard du Cartel, jugé mou et incapable de représenter sa base. David Andenmatten, du SSP, accuse: «Le Cartel a cédé au chantage du conseiller d’Etat David Hiler, qui a dit que si l’accord n’était pas accepté, la droite imposerait des conditions plus défavorables pour les fonctionnaires. Mais le Cartel n’a pas lutté pour quoi que ce soit, il s’est contenté de négocier dans le cadre d’un rapport de force très défavorable. Et il n’a même pas convoqué une assemblée générale pour présenter l’accord au personnel. Le Cartel fait des calculs politiques, ce n’est pas le rôle d’un syndicat! Il y a une coupure énorme entre ses dirigeants et la base.»
Paru dans Le Temps, 16 août 2011
