![]() |
Le document en annexe a été élaboré par le comité de l'Association des enseignant-e-s des Arts Appliqués (AEAA) et adopté pour diffusion. Il a pour but de soumettre les arguments reçus jusqu'ici de manière critique mais aussi de sortir de la seule approche comptable tout en intégrant l'urgence face à la crise sociale, économique et environnementale.
Cliquez ici pour obtenir le document (PDF).
Un certain nombre d'élément complémentaire ont été apporté par M. Jean-Louis Rimaz, nous publions donc le courrier qui contient ses contributions :
Cher-e-s collègues du comité de
l’Association des enseignant-e-s des Arts Appliqués,
_________________________________________________________________
(1) problématique à mon sens, car il suffit de décaler d’une année une borne pour invalider votre analyse
J’ai reçu par des voies indirectes
votre document « Référendum CIA : les
enjeux ».
Même si je n’y suis pas invité, je
souscris à la nécessité que vous invoquez de soumettre les
arguments utilisés à la critique.
Voici ma contribution au risque
d’alimenter ce que vous appelez « la seule approche
comptable » (nous conviendrons tous je pense qu’une approche
seulement comptable est insuffisante, mais nous conviendrons aussi
qu’une analyse fondée sur une approche comptable tronquée risque
d’être pour le moins trompeuse) :
- Dans votre document, il y a trois éléments supplémentaires importants quand on parle de la période 1979-2010 que vous semblez ignorer :
- de 1995 à 1997, la cotisation a été portée de 20,25% à 24% ;
- en 2000, de nouveaux statuts ont été adoptés ; la durée de cotisation a été portée de 35 à 38 ans ;
- durant les années 1990-2000, les mécanismes salariaux à l’Etat n’ont été que très partiellement respectés ; la période 1993-1999 a notamment connu un blocage simultané de l’indexation des salaires et des pensions ; résultat : 10% de non-indexation.
Quand on sait l’impact différencié de l’indexation des salaires d’une part et des pensions d’autre part (même si la différenciation de l’époque peut être estimée un peu plus faible que celle d’aujourd’hui), on mesure l’effet d’une telle mesure sur le degré de couverture.
Dès lors, compte tenu de ces trois éléments supplémentaires, et sans entrer dans la discussion du choix (1) des dates de comparaisons que vous utilisez (cliché 7, 1982 et 2007), il n’est pas possible de conclure comme vous le faites que la baisse du ratio actifs/pensionnés « se poursuit depuis 30 ans sans avoir affecté de degré de couverture ».
- Vous déclarez être prêts à payer davantage de cotisations pour pouvoir renoncer à financer les retraites avec les rendements boursiers (cliché 13). Les taux de cotisations nécessaires aujourd’hui découlent de différentes hypothèses, dont 5% de rendement sur les avoirs de la Caisse. En laissant de côté les aspects légaux existants, et en admettant de conserver 5,3% de rendement sur l’immobilier, il aurait fallu encore prélever l’équivalent de 12 points supplémentaire de cotisation (exemple 2009)…
- La LPP a évidemment une existence dans un système législatif, économique et social qui nous contraint tous. Il me paraît toutefois faux de dire que nous (les assurés de la CIA ?) sommes « des actionnaires appâtés par des gains obtenus par la sueur, le stress et la dégradation de l’environnement » (cliché 13) même si ce n’est pas sans difficultés ni contradictions que nous essayons d’être ce qu’on appelle « un investisseur socialement responsable ».
Pas plus que vous je suppose, je ne
crois à « l’argent qui travaille » dans les marchés
financiers pour assurer nos retraites. Il y a juste que différents
niveaux de réflexion et de décisions coexistent bel et bien et
qu’il pourrait être hasardeux de ne se préoccuper que du long
terme (l’idéal visé), ou que du court terme (les comptes
d’aujourd’hui).
Quoi qu’il en soit, on n’en restera
pas au statu quo…
(1) problématique à mon sens, car il suffit de décaler d’une année une borne pour invalider votre analyse
