Avec le syndicat des Services Publics, SSP-VPOD, Genève

23 janvier 2013

Aux ordres de Standard & Poor’s ?

Nous publions une lettre de lecteur écrite par un de nos membres concernant les menaces de détérioration de la notation de Genève par Standard & Poor’s dont la TdG a parlé dans ses éditions de la fin de la semaine passée.

Ainsi donc, Standard & Poor’s s’inquiète de la détérioration possible de la notation du Canton si la fusion des caisses n’était pas acceptée le 3 mars. Genève pourrait y perdre son AA-, ce qui encouragerait les investisseurs à spéculer sur la dette publique genevoise.

Autrement dit, pour éviter de détériorer la note, ce sont les paies et les rentes de quelques 60'000 salariés et retraités de la fonction publique et de leurs familles que Standard & Poor’s nous enjoint de détériorer en leur piquant 159 millions de francs par an!

Si vous voulez attirer les capitaux, nous dit l’agence étasunienne dont le but est de «rendre service aux investisseurs», acceptez de gagner moins, de toucher des retraites réduites et de travailler plus longtemps… Un air connu.

Pourtant, la soumission aux diktats des agences n’est pas une fatalité. La ville de Zurich par exemple, n’est notée par aucune agence de notation, et pour cause ! Elle a décidé de ne pas se faire noter. Car, pour l’être, les privés comme les collectivités publiques paient un montant forfaitaire aux agences.

Celui payé par Genève à Standard & Poor’s s’élève à 50'000 euros par an, auxquels il faut ajouter des commissions à la prestation dont le % n’est pas dévoilé et qu’on puise dans le… trésor public.

Pour que Standard & Poor’s nous donne des ordres.